DUMANIANT

Autres formes du nom: 

Bourlin dit

Prénom: 

Jean-Antoine

Sexe: 

Biographie: 

Né à Clermont-Ferrand le 11 avril 1752. Il est le fils d’un avocat et l’aîné de quatre garçons. Passé d’un couvent de Bernardins à la scène, il emprunte le nom de Dumaniant à l’un de ses tantes.  Il dirige la société dramatique perpignanaise en 1781. Il devient acteur à Douai en 1783 et à Saint-Quentin comme deuxième comique en 1783-1784. Il s’engage en 1785 dans la troupe des Variétés du Palais Royal (anciennes Variétés Amusantes)  pour les rôles de père et de raisonneur et sur laquelle il fait représenter différentes de ses propres pièces comme Le Français en Huronie, La Nuit aux aventures, Le Médecin malgré tout le monde. Acteur au Théâtre de la rue de Richelieu en 1791-1792 puis au Théâtre de la Cité en 1792 où il abandonne la scène pour devenir l’un de ses administrateurs. Il épouse à cette époque, en 1798, Sophie Liger. Il prend ensuite la direction du Théâtre de la Porte Saint-Martin entre 1803 et 1805[1]. Romancier – L’Enfant de mon père, Aventures d’un émigré –, auteur de pièces à succès – Les Français en Huronie, Guerre ouverte, La Double intrigue –, homme de pouvoir domicilié dans la capitale, il voit Clermont-Ferrand comme « un petit Paris » où l’on ne « manque de rien, quand on a de l’argent »[2]. Parce qu’il est reconnu et expérimenté, le ministère de l’Intérieur lui confie presque naturellement la charge du onzième district à l’été 1807. Les enjeux politiques de sa nouvelle charge ne le préoccupent d’ailleurs pas outre mesure. Son traité sur la situation des théâtres provinciaux rédigé quinze ans plus tard ne laisse nullement ressentir chez lui l’importance du devoir[3], à moins qu’au crépuscule de sa vie, le gestionnaire prenne seulement du recul et se fasse philosophe. S’il reconnaît alors bien volontiers que « la tâche d’un directeur n’est pas aussi facile à remplir que celle d’un colonel », il admet simplement qu’il « faut quelquefois des formes honnêtes pour correspondre avec les autorités »[4]; et il les a assurément mises pour jongler ainsi entre les privilèges. Peu scrupuleux au point de monnayer sa charge, Dumaniant est tour à tour directeur des 11ème, 28ème et 15ème arrondissements – respectivement d’août 1807 à avril 1813, puis du mois de mai suivant à mars 1814 et enfin à compter du 1er avril 1815. Il est parallèlement secrétaire général de l’Odéon de 1808 à 1819. Au cours de ces vingt-cinq années, Dumaniant compose avec les bouleversements nationaux. Gestionnaire, auteur et comédien, il jongle avec de multiples interlocuteurs, s’adapte aux politiques tout à fait contraires menées pendant la période, entre liberté, censure et restriction, et témoigne de cette indispensable malléabilité professionnelle nécessaire à la conduite des carrières de directeur. Il meurt à Paris, de maladie, le 24 septembre 1828.


  1. ^ Henry LYONNET, Dictionnaire des comédiens français (Ceux d’hier), Genève, Bibliothèque de la RUII, 1904, t.1, p.603-604.
  2. ^ BCIU, A34625, DUMANIANT, Trois mois de ma vie ou L’Histoire de ma famille, Paris, chez Barba, t.1, 1811, p.194.
  3. ^ Cyril TRIOLAIRE, « Contrôle social et arts du spectacle – l’exemple du Puy-de-Dôme », Annales historiques de la Révolution française, Paris, SER, 2004, p.49-50.
  4. ^ Arch. dép. Puy-de-Dôme, 6 Bib R 223, DUMANIANT, De la situation des théâtres dans les départements et des moyens de prévenir la décadence total de l’art théâtral, de donner un état stable à ceux qui l’exercent, et de leur assurer des pensions de retraite, sans demander aucun secours au gouvernement, Paris, Chez Barba, 1823, p.12-13.

Evénement(s) de vie: 

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Evénement: 

Evénement(s) de carrière lié(s) au théâtre: 

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Fonction administrative: 

Année: 

Salle: 

Famille de fonctions: 

Fonction jeu: